Annick Argant

A l’abri de la folie des temps, à l’abri de la folie des gens, respirant bien tranquillement sur l’île armoricaine de Bréhat, Annick Argant sculpte ce qu’elle craint de ne pas posséder. Trouver l’équilibre du corps – elle sait trop ce qu’il en coûte de perdre cet équilibre ! – atteindre l’équilibre de l’âme, oh, même un fugace instant, après un long chemin, ressentir ce moment suspendu où le temps n’a plus cours, où l’altérité n’est plus, car tout est dans tout, dans une unité sublime où tout est transcendé, telle est sa quête, la quête d’Annick Argant. Et oh combien elle y parvient, sachant nous accompagner sur ce chemin, proposant ici une œuvre où la recherche de cet équilibre se lit en lecture directe, et là un chef d’œuvre d’aboutissement, une sculpture sans bavardage, un concentré d’accomplissement spirituel dont la forme parfaite a pu émerger après parfois des années de travail. Les œuvres d’Annick Argant sont emplies de sa méditation, de son amour pour toute la création. On la dirait fragile, son travail est puissant. « J’aime à imaginer un monde meilleur auquel j’aspire chaque jour, même si je vois bien que les situations provoquées par l’homme lui-même tournent autour de la violence, de l’esclavagisme moderne, du non-respect de la nature, des animaux, des humains, et mes sculptures m’aident à transcender ma propre violence » , dit-elle. « Je sculpte l’être que je cherche. Pour aller vers le haut, il faut toujours alléger, épurer, arriver à l’infini poème de la vie » , ajoute-t-elle, et ses œuvres désormais sont conçues dans un esprit de plus en plus minimalistes. Annick Argant sculpte depuis 1983. Son travail a été primé lors d’une exposition au Grand Palais à Paris par l’Académie Française des Beaux-Arts.